« On ne touche pas au corps ! ». Je me souviens d’un échange mouvementé avec une psychiatre d’un autre temps. J’avais mis en place des groupes thérapeutiques pour des enfants. Il y avait ce moment où ils pouvaient s’allonger pour observer leur souffle, se poser avant de quitter la salle.
Avec leur accord , tout en douceur, je replaçais les jambes, les têtes, les omoplates comme le Yoga me l’avait enseigné. Toujours trouver l’alignement pour que la détente se fasse et que l’énergie  puisse circuler. Mais les psy ne touchent pas le corps m’a-t-on enseigné il y a 20 ans !

Ces groupes étaient très instinctifs et incroyablement enseignants. Les enfants étaient devenus les créateurs d’espaces de guérison. N’en déplaise à cette femme dont le savoir était tout à fait respectable , les enfants témoignaient combien corps, parole et psychisme sont liés. Que de joie et de gratitude partagées avec ces groupes pendant quelques années!

Jamais je n’ai renoncé à enrichir mon expérience, à nourrir ma pratique, à repenser ma clinique tout en restant humble. Toujours. Continuer d’apprendre et d’approfondir les savoirs et les savoirs-faire.

Évidemment mon travail s’appuie sur la parole, sur les émergences de l’inconscient, sur ce que Lacan nommait la « lalangue » mais il n’est jamais déconnecté du corps.

J’ai d’abord découvert le yoga Iyengar : rigoureux , exigent, ancrant, thérapeutique. Puis le Wuotaï avec Jean-Pierre Philavong,  un maître si généreux dans sa transmission. Puis ma pratique en périnatalité a mis sur mon chemin la rencontre avec le Rebozo grâce à Anne Belargent et Marisa Bai. Elles insufflent douceur et bienveillance pour toutes les femmes qu’elles accompagnent.

Il s’agit toujours de se relier à l’énergie de l’autre, de suivre les mouvements de son corps, de l’envelopper d’une bulle de douceur, de danser avec les sensations.

Le travail analytique m’a beaucoup apporté. Il a été et reste un socle.  Il a aiguisé mon regard. Le Wuotai m’offre un ancrage plus concret et une profonde connexion. C’est un espace où accompagner l’autre me met dans un état Méditatif.
Et lié au Rebozo que je découvre depuis peu, je cherche à amplifier une autre forme d’écoute, de respect et de compassion.

En cette période bien étrange, tâchons de garder les pieds sur Terre , le corps ancré, la parole sacrée et l’âme confiante.

2 réponses
  1. Jean-Pierre Shiatsu Wuotaï
    Jean-Pierre Shiatsu Wuotaï dit :

    Comme la matière s’identifie à l’énergie.
    Comme la vie ne dissocie pas le corps et le mental.
    Quand les neurones se mettent en action le mental est sa réaction.
    Quand soigner le corps, l’esprit se guérisse
    Quand le don de soi s’amplifie encore sa richesse.
    Quand se connecter à sa source est puissant, il n’est jamais trop tard de maintenir cette connexion.

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  2. Lion
    Lion dit :

    Quand le corps s’assouplit, le mental se stabilise et possiblement, la voix s’ouvre au dialogue.
    Très beau positionnement pour ouvrir un espace de guérison, original et riche en découvertes de soi et de l’autre.

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