Confinement : La famille réinventée

Ce huis clos avec nos enfants a redessiné le quotidien : cet espace d’expérimentation unique où écrire ensemble une nouvelle partition, aidés par Stokke, marque facilitatrice d’échanges, n’a jamais autant fait résonner connexion familiale et partage.

Création à l’unisson, observation, adaptation. Durant ce tête-à-tête, nos enfants ont grandi plus vite et la famille a mûri au même rythme. Un moment inédit que chacun s’est employé à

rendre le plus supportable possible selon son espace de vie. Un quotidien facilité pour les chanceux confinés avec une chaise « Tripp Trapp », qui, une fois encore, a prouvé son rôle d’alliée, en cette période où le vivre-ensemble a parfois été un tour de force, pour des parents jonglant entre télétravail, école à la maison et activités récréatives. Ce confinement a tout bouleversé, pour nous comme pour nos enfants. Le « chez-nous » n’a jamais aussi bien porté son nom. On a vu sur Instagram fleurir davan- tage encore de photos de ce refuge que l’on cherchait à réenchanter. « La maison, c’est le symbole de soi et de son corps : en veillant à son bien-être, on prend soin de soi et de sa famille », souligne la psychologue Caroline Khanafer. Elle est devenue le théâtre à huis clos de notre quotidien, l’abri aux frontières d’une tempête invisible. « Du jour au lendemain, nous avons tout repensé. Avec deux enfants en bas âge de 1 an et 4 ans, nous avons revu l’organisation de la maison au sens strict, pour qu’elle soit sécurisée et fonctionnelle 100 % du temps, et qu’elle

donne envie d’y rester, de s’y lover et d’explorer sans suffoquer », explique Lison. « Notre chambre a mué en bureau, et dans le salon, nous avons dédié une table aux activités artistiques. Chaque enfant a sa “Tripp Trapp”, ce qui les intègre pleinement aux activités, et chacun a son matériel en fonction de son âge. » Le confinement, aussi problématique soit-il pour les parents qui télé- travaillent et multiplient les casquettes, pousse à l’adap- tation et à l’innovation. « Un temps d’exploration durant lequel découvrir les environnements de chacun dans un contexte inédit », observe Caroline Khanafer. « On apprend à vivre côte à côte en mêlant activités parta- gées et temps ensemble, mais chacun de son côté, sans se sentir obligés de se parler. Trouver du temps pour soi devient une discipline et mettre en place des stratégies pour rendre nos enfants plus autonomes, plus investis dans le quotidien, est une chance à saisir », poursuit la psychologue.

Alors, chez Lison comme chez Paul, père de trois enfants de 10 mois, 3 ans et 7 ans, mutualiser les activités est devenu nécessaire, faute de pouvoir se diviser. Une expé- rience enrichissante : « On profite du déjeuner pour par- tager un repas tous ensemble. Chacun met la main à la

pâte. Cela intègre les enfants à la logistique. Ils apprennent d’autres choses qu’en classe. C’est l’école de la vie. On ins- talle les deux petits sur leur chaise évolutive, bien calés, à même hauteur que le reste de la tablée, et on profite de ces repas groupés, au calme, pour les inciter à de nou- velles découvertes gustatives. En journée, quand tout le monde est réveillé, on prend une heure pour mettre enfants et parents autour d’une activité que chacun peut s’approprier selon son âge : pâte à modeler, pein- ture, collages… Plus ils s’observent, plus ils apprennent les uns des autres. Camille, l’aînée, n’a jamais été aussi pédagogue, Gustave, le plus jeune, développe sa motri- cité fine et imite les grands tout le temps. Quant à nous, on travaille au milieu de ce brouhaha, en profitant du confinement pour expliquer aux aînés qu’on a besoin de Uconcentration. On est là si besoin, à leurs côtés, mais on n’est pas disponibles pour jouer. »

Un exercice d’équilibriste qui pousse à déve- lopper le respect des activités des uns et des autres. Ou comment intégrer les obligations des adultes dans l’environnement des enfants.

Le confinement incite aussi au partage d’activités initia- lement menées par un membre de la famille, au profit de tous : yoga, mandalas, collages… On apprend sur soi à travers les autres et on booste nos proches à travers nos ressources personnelles. Car, au-delà de nos rôles de père et de mère, c’est la manière dont nous avons inté-

gré chaque membre de la famille au cœur d’un nouveau quotidien qui se joue là. Pour Clara Rocchia (@clara.roc- chia), maman de Thelma, 6 ans, et de Pio et Lou, 20 mois, la gestion de la logistique a cédé la place à de précieux échanges : « J’ai le sentiment de partager davantage de moments avec chacun de mes enfants. Nous avons réussi à sortir du trio pour donner une place à chacun. Une soirée pyjama en duo mère-fille avec Thelma, un temps de lec- ture avec Pio (sans sa sœur, qui a tendance à lui arracher le moindre livre des mains), et des activités d’empilement de cubes avec Lou qui adore ça, mais a besoin de calme autour d’elle. » Face à l’angoisse d’une situation inédite qui rebat les cartes de nos vies, on revient à l’essentiel, on se reconnecte à la famille et à chacun de ses membres, pour leur assurer une sécurité physique, mais aussi émo- tionnelle. « L’une des seules choses que l’on puisse faire avec application, c’est transmettre de bonnes pensées, y compris et surtout à nos enfants. Cet épisode fait par- tie de leur histoire. Penser que rien ne les impacte est évidemment faux, car l’adulte que nous sommes découle de l’enfant que nous avons été », analyse la psychologue Caroline Khanafer. Passer autant de temps ensemble peut donc être une chance pour se connecter davantage encore et vivre des échanges mémorables. « Plus on passe de temps avec nos enfants, plus ils évoluent vite », pré- cise la psychomotricienne Gaëlle Ribière, fondatrice de la plateforme Eveil & Conseil, tout en nuançant : « Mais

« L’une des seules choses que l’on puisse faire avec application, c’est transmettre de bonnes pensées, y compris et surtout à nos enfants. Cet épisode fait partie de leur histoire. Penser que rien ne les impacte est évidemment faux car l’adulte que nous sommes découle de l’enfant que nous avons été. »

avec ce discours, on risque aussi de culpabiliser ceux et celles qui, en cette période de confinement, doivent télé- travailler. Or, c’est le temps 100 % connecté à ses enfants qui compte. La qualité plutôt que la quantité. Le partage plutôt que la présence. » Pour Clara, le confinement est l’occasion de faire une pause logistique au bénéfice des ses cadets : « J’ai le sentiment de faire vraiment connais- sance avec Pio et Lou, qui ont 20 mois. Je comprends mieux leurs personnalités, leurs goûts, leurs envies. Le fait de moins regarder l’heure et de s’extraire de cette

spirale axée sur la logistique et le travail me permet de prendre du temps de qualité avec eux. »
Ce temps nouveau est aussi celui de l’adaptation.

On se « contente » de ce qui nous entoure. Cela donne des cabanes avec la nappe, des pique-niques dans le salon, des fêtes d’anni-

versaire sur Skype… Et des artistes investissent la mai- son pour explorer de nouveaux territoires en famille, à l’image de la danseuse Suzanne Meyer, à l’initiative de Contakids, atelier pour parents et enfants autour du mouvement, du contact physique et de l’espace. Sur le compte Instagram de Contakids, la jeune femme par- tage un moment de danse ludique avec sa fille Gisèle, 4 ans, autour d’une « Tripp Trapp » : « En ces temps de confinement, les enfants sont encore plus demandeurs de contacts, d’échanges avec leurs parents. Danser, initier le mouvement, le jeu, l’échange sensoriel parent-enfant

20 minutes par jour est bénéfique pour tout le monde. À la maison, on s’amuse à danser avec son enfant à l’aide d’une chaise solide pour multiplier les points d’appui, on s’essaie à des porters simples dans le lit ou sur un tapis moelleux, on danse en débarrassant la table… » On crée « home-made » en somme. À temps inédits, emploi du temps inédit aussi. Beaucoup de familles ont sauté sur l’occasion d’être réunies au quotidien pour instaurer de nouveaux rituels, qui dynamisent cette parenthèse vers quelque chose de positif. C’est le cas de Clara et de son mari Mikka : « Chaque soir, avant le dîner des enfants, on organise une petite boum de 15 minutes à la maison, un rituel que j’aimerais garder. Mikka est aux platines, la table basse devient un podium et on se défoule tous les cinq. Cela permet de finir la journée sur une note très joyeuse. »

Créer des instants précieux, faire d’une épreuve une lec- ture nouvelle de sa famille, c’est aussi ça, le confinement : “ Je prends aussi énormément de photos, j’aimerais nous créer une boîte à souvenirs de cette période inédite. J’ai, par exemple, demandé à l’illustratrice Loren Sarda de croquer notre portrait de famille. Ou comment immor- taliser en beauté un moment si particulier de notre his- toire. Puis, j’ai glissé une lettre au dos du cadre qu’ils pourront lire plus tard, pour laisser une trace de cette période singulière. » Celle qui, d’une manière ou d’une autre, aura fait souffler un nouvel air…

Chaise « Tripp Trapp » de Stokke

Libres et heureux

De quoi ont besoin les enfants pour bien grandir ? C’est avec cette question à l’esprit que le Norvégien Peter Opsvik imagine la « Tripp Trapp » en 1972. Sa mission : répondre à leur besoin d’au- tonomie, d’exploration et de liberté. À l’opposé des modèles classiques non évolutifs avec tablette et jouet intégrés qui immobilisent volontairement les petits, la « Tripp Trapp » intègre le bébé à la tablée, favorise ses échanges avec les autres, et le laisse apprivoiser ses mouvements et son environnement. L’art de l’expérimentation en toute sécurité.

Step by step en beauté

La force de cette chaise, c’est son concept évolutif. Elle suit le bébé au fil des âges, y compris adulte. Les mains au niveau de la table, les pieds bien en appui pour déplacer sa masse corpo- relle, l’enfant est stable et apprend à s’as- seoir correctement. Plus grand, il monte et descend seul de la chaise grâce à la marche ajustable en hauteur, tout comme l’assise. Solide et conçue pour durer, la « Tripp Trapp » est un exemple de rationalisme doublé d’esthétisme, son élégance lui permettant de s’intégrer en permanence dans la maison.

Must have a seat

Pour rendre la « Tripp Trapp » utilisa- ble dès 6 mois, Stokke lance en 2006 le « Baby Set », qui permet de garder son bébé à proximité en toute sécurité. Puis, en 2011, le « Newborn Set », à adopter dès la naissance de l’enfant. Devenue culte, la chaise ne cesse d’évoluer et se décline désormais en 15 coloris. Les motifs de ses coussins sont dessinés par des designers inspirés, et on peut même faire graver le message de son choix sur le dossier pour encore plus se l’approprier.