A la sortie de l’école, votre mini coeur vous a soufflé, le sourire en coin : “Léo, c’est mon amoureux”. Ca vous a forcément attendri. Et puis ensuite ? Comment réagir ? Caroline Khanafer, psychologue et maman de deux enfants, partage ses conseils.

L’apprentissage de la tendresse
Votre enfant peut très tôt, vers 2 ans ou même avant, ressentir un attachement fort envers un autre enfant. Un lien particulier qui illumine son visage, sans doute une sorte de “reconnaissance” de soi chez l’autre. “Il fait sa première expérience de la tendresse et de l’affection : les petits câlins,  les petits bisous sur la joue, les mains dans la main.  On voit se développer des petits amours qui peuvent être ressentis de manière unilatérale. Ce n’est pas un problème pour un petit de dire  :”c’est mon amoureux.se” sans pour autant que l’autre le manifeste en retour. “

Ni dénigrer, ni alimenter
Amusé.e ou attendri.e par la situation, on peut être maladroit.e ou ne pas aborder ces confidences de façon rationnelle : “En tant qu’adulte, il ne faut pas rire de ces premiers amours qui sont sincères et abordés avec sérieux par l’enfant. Ce n’est pas une chimère pour lui, ni un jeu. Il peut d’ailleurs ressentir un vrai chagrin d’amour. Inutile, au contraire, d’alimenter à outrance cet amour car cela relève pour l’enfant de l’expérience de l’intimité.”

En profiter pour évoquer la notion de consentement.
On en parle beaucoup à l’âge adulte et avant cela, à l’adolescence. Cela peut-être une bonne piste de l’évoquer de manière très simple dès petit : “Il ne veut pas prendre ta main au square ? Alors ne le force pas ou Il faut être d’accord à deux pour faire un bisou. On peut introduire la notion de respect et d’écoute en lui disant qu’avant de prendre la main de son petit.e copain/copine, on peut lui demander s’il est d’accord. C’est une première éducation”

Respecter les chagrins mais ne pas les dramatiser
Quand un peu plus tard, à l’école primaire, votre enfant est triste parce que Léo ou Mia n’est plus son amoureu.se, on serait tenté.e de ne pas y accorder grande importance…”Or, ses sentiments envers elle/lui se respectent. C’est maladroit quand on dit tu en auras d’autres !. Les enfants vivent dans le moment présent.” souligne Caroline Khanafer.”On peut lui dire : Je comprends qu’il y ait un gros chagrin, que c’était chouette d’être amoureux mais, que Mia ne soit plus ton amoureuse n’enlève rien à tes qualités.” Car on touche aussi à l’amour propre : “Ce sont des histoires qui leur permette de se connaître soi-même” précise la spécialiste.

Accompagner les petites obsessions
Car plus tard, à la pré-adolescence, les amours peuvent prendre beaucoup de place dans la tête de votre enfant. “C’est votre rôle de lui dire que c’est bien d’être amoureux mais qu’il ne faut pas qu’il oublie le reste”. Et s’il est difficile pour lui de partager ce sujet ? “Dites-lui que vous êtes là et que s’il veut en parler il peut le faire avec vous mais il peut aussi en parler à un autre adulte (tata, tonton, meilleur ami de la famille, parrain, marraine, etc.). Car le plus difficile à trouver en tant que parent reste la bonne distance.”

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